MATHÉMATIQUES, JEUX ET LANGAGE

Ce programme a pour objectif principal de développer à partir des activités ludiques et des situations de vie, les compétences en mathématiques et en français des élèves du cycle  secondaire.
Il s’agit ici, de donner du sens aux concepts qui sont étudiés à l’école, d’apporter des remédiations aux difficultés que les élèves rencontrent dans la pratique de l’activité mathématique, et de s’appuyer sur l’activité mathématique pour améliorer, voire développer la qualité des productions tant orales qu’écrites chez les élèves.
Pendant longtemps, les mathématiques telles qu’enseignées, sont apparues comme une science abstraite, les signes et symboles qui y sont manipulés ne renvoyant à rien de bien concret chez l’apprenant tout comme très souvent chez l’enseignant.
Lors d’un sondage, on a demandé à des enseignants d’exprimer à l’aide des mots de la langue la relation « 3+4=7 ». La réponse de la majorité était « trois plus quatre égal sept », ce qui correspond à une traduction linéaire des signes. D’une part, cette réponse n’est pas correcte car l’écriture est une proposition mathématique, donc une phrase déclarative qui a une valeur de vérité, et d’autre part, elle ne fait pas ressortir le sens de l’addition ; le mot « plus » renvoie à un opérateur mathématique abstrait plutôt qu’à l’idée d’une somme, d’un total.
A la question leur demandant d’expliquer avec des billes pourquoi « 3+4 = 4+3 », moins de 10% d’entre eux donnent une réponse satisfaisante. Plus de 40% se contentent de réécrire cette formule en lettres, tandis que 50% ne répondent pas à la question.
Cet extrait de résultats montre bien que le langage mathématique fait l’objet d’un traitement qui prend des distances par rapport à la langue naturelle, ce qui ne devrait pas, le cours de mathématiques étant porté par la langue.
Fort de ce constat, il est important de rapprocher la pratique des mathématiques de celle de la langue dans laquelle sont faits les enseignements, et qui pour nous est la langue française. En effet, l’énonciation des objets et de leurs propriétés s’appuie d’une part sur le langage, et d’autre part sur les catégories logiques énoncées dans la langue. Nous citerons Gérard Vergnaud  (1991) qui dit que « l’énonciation des objets est essentielle dans le processus de conceptualisation, et doit prendre en compte les systèmes signifiant/signifié » qui relèvent encore de la langue. En effet, la construction du savoir ne peut se faire sans qu’il y ait une activité langagière, qu’elle soit explicite ou implicite.
Notre programme consiste à travailler sur les concepts mathématiques qui sont étudiés à l’école d’une part, et d’autre part d’utiliser l’activité mathématique comme levier pour identifier les difficultés que les élèves rencontrent dans la pratique de la langue française. La spécificité et la complexité de notre action réside dans ce que les activités que nous proposons ne sont pas des activités formelles comme celles qui sont développées à l’école, mais des activités qui visent à développer les compétences avec un accent mis sur l’interdisciplinarité. Nous notons toutefois que nous ne nous écartons nullement des programmes scolaires ; nous soutenons les enseignements et en montrons leurs différents usages.

FICHE DE RENSEIGNEMENTS (à remplir par un parent) (pdf)

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